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Toujours plus de règles, toujours plus de contrôles, toujours plus de frontières !
Encore.
On parle de « flux », de « pression migratoire », de « retours », de « procédures accélérées ».
Des mots propres, des mots froids, des mots qui permettent de ne surtout pas regarder les êtres humains qu'ils désignent.
Mais à Samos, à Naxos, en Crète, sur toute la côte Méditerranéenne ces mots ont un visage.
Un enfant qui grelotte.
Une mère qui serre son bébé.
Un homme qui vient de passer des heures dans une mer qui aurait pu devenir sa tombe.
Et parfois, il n'y a même plus de visage.
Il n'y a plus qu'un corps que la mer rend à la terre.
Cet été encore, des bateaux ont sombré.
Des hommes, des femmes et des enfants ont risqué leur vie, faute d'autre chemin.
Et pendant que nous comptons les arrivées, les familles comptent leurs morts.
Pendant que l'Europe perfectionne ses procédures, les passeurs perfectionnent leurs routes.
Pendant que nous renforçons les frontières, les bateaux deviennent plus petits, plus rapides, plus fragiles et plus dangereux.
Alors disons-le clairement : une frontière renforcée ne fait pas disparaître une guerre.
Un mur ne fait pas disparaître la faim.
Une procédure de retour ne fait pas disparaître la persécution.
Et fermer une porte ne fait pas disparaître la personne qui cherche désespérément à entrer.
Depuis sept ans, nous sommes là pour voir ce que les statistiques ne montrent jamais.
À La Maison, l'équipe de Salomé accueille, nourrit, habille, organise, écoute et recommence, jour après jour.
Elle transforme quelques mètres carrés en refuge et quelques heures de répit en bouffée d'humanité.
Il y a les repas, les vêtements, les activités, les cafés, les sourires et les conversations.
Mais il y a aussi quelque chose d'essentiel : les cours de grec.
Parce qu'accueillir quelqu'un, ce n'est pas seulement l'aider à traverser l'urgence ; c'est aussi lui donner les moyens de construire sa vie dans le pays où il va peut-être rester.
Apprendre quelques mots, puis des phrases, comprendre une administration, parler avec son voisin, pouvoir chercher un travail, accompagner son enfant à l'école : apprendre le grec, c'est commencer à prendre sa place dans une société.
C'est retrouver de l'autonomie, de la confiance et parfois même une part de dignité que l'exil avait emportée.
Chaque cours est donc bien plus qu'un cours de langue : c'est une passerelle vers l'intégration.
Et derrière chaque bénévole qui enseigne, chaque personne qui apprend, il y a l'idée simple que l'intégration ne se décrète pas : elle se construit, mot après mot, rencontre après rencontre.
Nous refusons de voir un « migrant » là où il y a une femme, un homme, un enfant.
Nous refusons de voir un « flux » là où il y a une histoire.
Nous refusons de voir un « dossier » là où il y a une vie.
Et c'est peut-être cela qui dérange.
Parce qu'aider un être humain, c'est rappeler qu'il est un être humain.
Parce qu'un café offert à quelqu'un qui vient de traverser la mer est un acte minuscule, mais qu'il devient immense lorsque tout autour de lui semble organisé pour lui dire qu'il n'est pas le bienvenu.
Parce qu'un repas, une couverture, un cours de grec ou simplement une main tendue peuvent devenir une forme de résistance.
Alors oui, nous sommes en colère.
En colère de voir mourir des gens aux portes d'une Europe qui se dit fondée sur les droits humains.
En colère de voir les routes migratoires devenir toujours plus dangereuses au lieu de devenir plus sûres.
En colère de voir que l'on débat davantage de la manière d'empêcher les gens d'arriver que des raisons qui les obligent à partir.
En colère de constater qu'après sept années, nous sommes toujours là à réparer les dégâts d'une politique qui prétend régler le problème.
Mais notre colère ne sera jamais une colère contre les personnes qui arrivent.
Elle est une colère contre l'indifférence.
Contre l'habitude.
Contre cette capacité terrible que nous avons à regarder mourir des personnes inconnues et à continuer notre journée.
Alors nous continuerons.
Salomé et son équipe continueront.
Nos bénévoles continueront.
Et tant qu'un bateau arrivera sur une plage grecque avec des personnes rescapées à son bord, nous serons là.
Mais au fond, la question dépasse largement La Maison, Samos ou les migrations.
Elle concerne chaque personne, sans exception.
Nous vivons sur une planète que nous fragilisons chaque jour et dans une humanité que nous risquons de laisser se fracturer sous nos yeux.
Nous ne pouvons pas attendre éternellement que les gouvernements, les institutions ou les autres agissent à notre place.
Si nous voulons encore avoir une planète habitable et une humanité digne de ce nom, il nous appartient, à chacun et chacune d'entre nous, de nous engager.
Pas forcément de changer le monde, mais de changer quelque chose autour de nous.
De donner du temps, de transmettre, d'accueillir, de protéger, de parler, de voter, de résister à l'indifférence.
Parce que l'avenir ne sera pas seulement celui que les États décideront pour nous : il sera aussi celui que nous aurons individuellement le courage de construire.
Alors construisons ensemble le 3 octobre !
Un après-midi pour réfléchir, décider… et construire la suite.
Depuis des années, La Maison avance grâce à celles et ceux qui donnent de leur temps, de leurs idées et de leur énergie.
Aujourd'hui, de nouveaux défis se présentent à nous. Alors plutôt que de les regarder arriver, nous vous proposons de les construire ensemble.
Le samedi 3 octobre, nous vous invitons à un grand après-midi de travail collectif autour de deux projets essentiels pour l'avenir de notre ONG.
2 heures de travail en petits groupes, dans un esprit très concret et participatif, suivies de 15 minutes de présentation par groupe pour partager avec vous toutes et tous le fruit de nos réflexions, nos propositions et nos idées.
Pas de grands discours : des idées, des échanges, des décisions et surtout des projets !
Parce que notre association est aussi une histoire d'amitié et de rencontres, nous nous retrouverons à 20h pour un dîner amical, ensemble.
Le lieu ? Surprise ! Une seule chose est certaine : nous aurons encore beaucoup de choses à nous raconter.
Cet après-midi de travail est réservé aux membres de l'ONG. Il suffit d'avoir adhéré ou d'être à jour de son adhésion annuelle : 10 €. Inscription obligatoire avant le 25 septembre à contact@lamaison-ontheroad.org.
Alors, vous venez ? Nous avons besoin de toutes les énergies, de toutes les expériences et de toutes les idées.
La Maison, Samos, Naxos, l'intégration, l'avenir de notre ONG… rien n'est écrit. C'est maintenant que nous pouvons l'écrire ensemble !
Pour participer à la journée du 3 octobre :
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Nous sommes particulièrement heureux de l'arrivée en juillet d'un nouveau partenaire de La Maison On The Road, le magnifique cinéma Le Champo - Espace Jacques Tati.
Le cinéma ouvre ses portes le 22 juin 1938, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Champollion dans le 5e arrondissement à Paris, à l'emplacement d'une ancienne librairie.
Dès 1939, il est racheté par Roger Joly, industriel de l'éclairage, passionné de cinéma, qui inventera le fameux système « rétro-reflex ». En effet au Champo, le projecteur sera installé au-dessus de l'écran. Il envoie son faisceau vers le bas sur un petit miroir, qui le renvoie vers un grand miroir au fond de la salle, lequel le réfléchit à son tour vers l'écran : un procédé unique en Europe, resté en service jusqu'à l'arrivée du numérique fin 2012.
En 1955, une seconde salle ouvre en sous-sol, à la place d'un ancien cabaret. Les deux salles sont réunies sous une entrée unique à la fin des années 1970.
Le cinéma devient rapidement un lieu mythique de la cinéphilie parisienne et de la Nouvelle Vague : François Truffaut l'appelait « mon quartier général », Claude Chabrol « ma deuxième université ». Fréquenté aussi par René Clair, Louis Malle et Jacques Tati, dont le nom est associé au cinéma depuis 1989, il est aussi le cinéma préféré de Quentin Tarantino.
Fin 1999, le cinéma est menacé de fermeture : le propriétaire de l'immeuble veut vendre et refuse de renouveler le bail. Un comité de soutien réunit plus de 2000 signatures, dont celles de Claude Chabrol, Isabelle Huppert, Cédric Klapisch, Patrice Leconte, Jean-Claude Brialy, Jacques Perrin, Micheline Presle. La Mairie de Paris intervient, et par un arrêté du 7 avril 2000, la façade et les salles sont inscrites en totalité au titre des Monuments historiques : une inscription rare et volontairement globale, qui garantit non seulement la conservation du bâtiment mais la pérennité de l'activité cinématographique elle-même.
Aujourd'hui, Le Champo reste l'un des plus anciens cinémas encore en activité à Paris, avec plus de 100 000 entrées annuelles. Il propose une programmation de patrimoine, des rétrospectives, ciné-clubs, cycles thématiques et les fameuses « Nuits du Champo » (projections en continu de minuit à l'aube).
Il est resté dans la même famille depuis 1939 : Roger Joly, inventeur du système de projection. Christiane Renavand, sa fille, reprend ensuite la gestion, la programmation et la direction artistique. Juliette Renavand, sa petite-fille, a rejoint récemment l'institution.
Nous les remercions chaleureusement pour leur soutien !
Le 29 juin, au Forum des Images à Paris, nous présentions La Maison, le documentaire qu'Isaure Nuffer-Cires a consacré à notre équipe et aux réfugiés de Samos.
Le 17 novembre, le film sera projeté au cinéma l'Alhambra à Marseille, dans le cadre du festival Migrant'Scène. C'est notre parrain Robert Guédiguian qui a proposé cette projection à La Cimade : l'Alhambra est le cinéma de son enfance et de son adolescence, et il fait aujourd'hui partie de l'association qui le gère.
Né à Toulouse en 2000 et organisé partout en France depuis 2006, le festival est porté par La Cimade, qui défend depuis 1939 les droits des personnes migrantes et réfugiées, en accompagnement juridique comme dans les centres de rétention administrative. Le festival refuse le discours qui nourrit la peur envers les personnes exilées et choisit de leur donner la parole autrement, par l'art et la culture. Cette année, plus de 100 villes y participent, du 14 novembre au 6 décembre, autour d'un mot d'ordre : décaler le regard, cultiver le commun.
Le cinéma franchit les frontières et ouvre les yeux sur le monde.


Si La Maison a vocation à être un second foyer pour les demandeurs d'asile comme pour les volontaires au cours de la journée, c'est dans une autre maison, avec petit m cette fois, que ces derniers se retrouvent après d'intenses journées de travail.
Grande et belle bâtisse du 17e située en plein centre de Vathy, le logement des volontaires, surnommé « L'Arche », tient un rôle central dans la vie de notre équipe qui y trouve tout le confort nécessaire, matériel mais avant tout humain.
C'est là que se nouent les premiers liens lors des traditionnels dîners d'accueil organisés à l'arrivée de chaque volontaire.
C'est également là qu'ils se renforcent, à l'occasion de nombreux moments entre collègues ou avec nos aidants et amis de La Maison.
C'est enfin, pour nos volontaires, le refuge après le refuge, un lieu où se ressourcer et assimiler, seul ou avec ses collègues, les émotions vécues et les histoires entendues au cours de la journée.
Comme à La Maison, l'Arche est ainsi animée par des échanges à n'en plus finir : rieurs et joyeux souvent, tristes parfois, mais profonds et sincères toujours. À l'occasion d'une soirée film, d'un moment de détente dans le grand jardin, ou autour des cours de grec régulièrement organisés par Annie pour les demandeurs d'asile et toute personne intéressée (dans le respect du code de conduite !), c'est la convivialité et la bienveillance qui sont de mise au sein de ce logement accueillant et chaleureux.
Salomé Roch
Coordinatrice de La Maison à Samos
Ce mois-ci, le camp de Samos a accueilli 200 réfugiés transférés par les autorités depuis la Crète. Dans le même temps, la communauté bangladaise du camp de Samos a été envoyée vers le camp de Lesbos. L'Europe semble donc accélérer et structurer sa politique de relocalisation, mais, comme trop souvent, les autorités ne partagent pas leur stratégie avec les ONG. Nous découvrons les décisions une fois qu'elles sont prises et nous retrouvons, une nouvelle fois, devant le fait accompli.
Pourtant, les arrivées continuent quotidiennement sur les îles. Pour MSF, comme pour nous et les autres ONG présentes sur le terrain, cette situation devient un véritable casse-tête. Il semble que les délais de quarantaine à l'arrivée se soient allongés, tandis que les transferts vers le continent et les relocalisations se sont accélérés. Une conséquence directe : la fréquentation des ONG diminue fortement, sans que nous soyons réellement en mesure d'en connaître toutes les raisons.
La Maison a enregistré sa plus faible fréquentation de l'année. Difficile, à ce stade, d'en déterminer précisément les causes.
À La Maison, Salomé peut une nouvelle fois compter sur une équipe formidable : Nicolas, Aly, Osama et Annie. Annie, qui était en vacances, a repris son activité dès son retour et donné des cours de grec à 26 passagers. Même pendant son absence, des élèves sont venus spontanément à La Maison pour maintenir les cours de grec. C'est aussi cela, l'intégration : l'envie d'apprendre, de comprendre et de trouver sa place malgré les difficultés.
De son côté, Tony a assuré des cours d'anglais pour 44 passagers.
Nous voulons également remercier chaleureusement Oumar, du Sénégal, et Ahmed, du Koweït, qui ont dû rejoindre le continent en raison de l'accélération des transferts. Leur départ a été immédiatement compensé par Talal, du Yémen, et Mohamed, du Koweït, qui ont pris le relais avec la même disponibilité et la même humanité.
Du côté des volontaires internationaux, Gianluca, Marc, Alice et Alessia ont regagné leurs pays respectifs.
Nous avons eu le plaisir d'accueillir Chloé, Américaine, ainsi que Patti, Allemande, qui avait déjà été volontaire à La Maison l'année dernière.
Chaque retour de volontaire est toujours une petite victoire pour nous : cela signifie que la personne a trouvé ici quelque chose qui lui a donné envie de revenir.
Toutes et tous se sont particulièrement investis auprès des enfants et ont imaginé et animé de nombreux ateliers avec eux. Des jeux, des activités, des moments de partage et surtout beaucoup de sourires sont venus apporter un peu de légèreté dans un quotidien qui en manque cruellement.
Encore une fois, merci à toutes et à tous pour votre énergie, votre disponibilité et votre humanité. Sans les volontaires, La Maison n'existerait tout simplement pas.
Notre équipe a préparé et servi de nombreux repas ce mois-ci, dont des packs à emporter distribués aux 15 personnes contraintes de camper sur le parking voisin du camp.
Et puis, comme toujours, nous avons distribué quelque chose qui ne se comptabilise dans aucune statistique : des milliers de sourires, des conversations, des encouragements, des gestes de solidarité et quelques instants de normalité.
C'est cela aussi, La Maison. Et parfois, simplement, un endroit où l'on se sent encore considéré comme un être humain.
Alors, du fond du cœur, merci à vous toutes et tous qui nous soutenez. Car derrière chaque repas, chaque cours, chaque café et chaque sourire, il y a votre soutien.
Sans vous, rien de tout cela ne serait possible.
La Maison en chiffres
Août 2026 · Samos, Grèce830
Passagers accueillis
dont 82 femmes et 54 enfants
902
Repas servis
dont 271 packs à emporter
586
Cafés, thés et snacks
11
Cours dispensés
dont 7 de grec, 4 d'anglais
Du côté des nationalités, les Koweïtiens arrivent désormais en tête avec 172 passagers, devant les Yéménites (135), les Soudanais (113) et les Afghans (84).
Le camp héberge actuellement 1 128 demandeurs d'asile.
Merci de votre soutien !
Nous avons besoin de vous pour permettre un accueil digne et décent aux portes de l'Europe.
Vous pouvez nous contacter à tout moment !
On avance ! On continue !
Toute l'équipe de La Maison On The Road
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